
Une question qui peut revenir concernant l’adolescent est l’importance de l’enfance des parents. L’infantile qu’il existe en chaque adulte, la part de l’enfant que l’adulte garde en lui. Enfance qui a pu être conflictuelle, douloureuse. L’enfance est le siège des émotions et des sentiments, c’est cette part qui est stimulée lors de dispute entre parent et adolescent. Lors de conflit c’est la part infantile du parent qui entre en communication avec l’adolescent, certains parents sont surpris par leur réaction immature. C’est pour cela qu’il peut y avoir une répétition de génération en génération, pas forcément à l’identique mais en tant que parent, on s’inspire de ce que l’on a pu vivre enfant. Plus l’enfance aura été difficile plus les conflits avec l’adolescent seront difficile à vivre et à gérer puisque cette part avec laquelle il communique sera fragilisée.
Le parent doit arriver à prendre de la distance par rapport au désaccord qu’il peut rencontrer avec l’adolescent. Pourquoi certaines situations le touche plus que d’autres ? Le passé que le parent a pu vivre a une influence sur l’adulte et le parent qu’il est aujourd’hui. Même s’il lui semble avoir vécu une enfance sans souci, ce que peut lui renvoyer l’adolescent est douloureux. C’est pourquoi le parent doit pouvoir se remettre en question. Souvent le souvenir d’une enfance idéale peut cacher des souffrances, un enfant a besoin de garder l’amour de ses parents, il peut se cacher la vérité pour conserver cet amour. L’adolescent a un don pour toucher un point sensible, pousser le parent à se remettre en cause, à se questionner. Sans le savoir il met le doigt sur les difficultés, les situations pénibles que les parents peuvent vouloir oublier.
L’adolescence et une période de révolte contre le système familiale où l’adolescent se cherche, c’est une quête identitaire. Si l’adolescent est pénible c’est parce que sa personnalité émerge, c’est pour cela qu’il rejète les valeurs qu’on a pu lui inculquer, il un besoin de s’opposer. Il se construit dans la contestation. Il peut donc lui arriver de s’appuyer sur les failles de ses parents, mais le parent ne doit pas s’inquiéter que son enfant se confronte à ses failles au contraire l’adolescent ne peut s’accrocher à un parent parfait, lisse qui lui semble inaccessible. L’adolescent se forge à partir des repères que ses parents lui donnent. La remise en question peut être bénéfique autant pour le parent que pour l’adolescent. Cependant il faut faire attention de ne pas trop le partager avec son enfant, il est important qu’il ne devienne pas le confident du parent, le parent du parent. La différence des générations doit être maintenue pour la stabilité de l’enfant. Sinon il ne pourra se permettre cette période de « crise adolescente » structurante pour lui, par peur de blesser son parent. Il est important pour l’équilibre de l’enfant que le parent garde son statut, sa place face à celui-ci. Un parent sécure est garant d’un environnement bénéfique pour le développement de l’enfant.
L’adolescence est une période difficile pour le parent et l’enfant mais indispensable pour que l’adolescent puisse s’autonomiser et devenir adulte. Le rôle du parent va être de le laisser acquérir cette indépendance tout en restant à l’écoute et présent pour le soutenir.