
Dans un premier temps, il s’est avéré nécessaire que les parents présents au débat définissent l’autorité. Pour eux, leurs adolescents refuseraient leur autorité. En fait, c’est le parent qui le ressent comme tel. L’autorité, c’est la référence ; on se la construit car rien n’est acquis et l’adolescent peut la questionner. Un rapport où il y a du passage à l’acte est à éviter cependant. La violence peut être en miroir car une relation se passe toujours à deux. On remarque souvent que la hiérarchie tombe quand il y a de la violence : on parle d’alter ego. Le passage à l’acte violent émerge quand on ne peut plus dire les choses et que cela devient trop agressif pour soi ; on pense que c’est ce qui va mettre fin au rapport de force parent/adolescent. Les parents présents soulignent l’hostilité et la rivalité qui règnent entre eux et leurs adolescents. Egalement, ce qui se joue entre ces deux protagonistes peut prendre une forme de répétition au sens où l’adolescence de l’enfant renvoie directement au parent sa propre adolescence. En ce sens, le parent peut être amené à comparer son adolescence à celle que vit son enfant. Par exemple, un parent , qui étant adolescent n’a jamais été entendu par ses parents, peut revivre avec son propre enfant quelque chose de très désagréable lorsque ce dernier ne lui répond pas.
Avoir des moments d’argumentation avec son adolescent serait une alternative aux différents conflits qui peuvent exister car à cet âge, les adolescents ont tendance à tout vouloir négocier, discuter. Mais l’autorité peut être négociée : des pactes sont possibles car négocier c’est avant tout faire prendre conscience au sens où l’adolescent se rend compte de la possibilité de trouver des compromis. Toutefois, l’adolescent voit le désir immédiat et non les conséquences de ce que cela implique. Il en est de même en ce qui concerne les priorités : le rangement de sa chambre est-il autant important que ses résultats scolaires par exemple ? On ne peut pas exiger de partout.
Il serait important de savoir ce que l’adolescent désire même si ce n’est pas bien défini pour lui. Connaître ses désirs peut l’amener à se responsabiliser, mouvement essentiel à cet âge, même si, au grand damne des parents, ce ne sont pas eux qui seraient le mieux placés pour les aider car ils doivent réussir à maintenir une juste distance avec leur adolescent : être un peu loin et présents à la fois. Par rapport au thème du débat, un des parents présent pose la question : « Existe-t-il une méthode pour être autoritaire ? ». A cela, la psychologue répond qu’il n’y en a pas de toute faite mais simplement qu’autant l’adolescent ne supporte pas être noyé dans les sentiments de ses parents, autant il ne supporte pas que son parent soit un roc. En résumé, c’est au parent de trouver la juste et bonne distance entre lui et son enfant. Une fois les questions sur l’autorité abordées, les parents désirent revenir sur les limites. La psychologue émet le fait que les limites sont personnelles à chacun ainsi que la limite de négociation qui est un seuil de tolérance personnel.
Les questionnements que les parents se font quant à leur autorité et ses limites amènent au travail de séparation qui devrait se faire entre l’adolescent et son parent. A cette fin, demander l’avis de l’enfant tout le temps n’est pas indispensable au sens où cela peut être angoissant pour lui de faire des choix, d’autant que le rôle du parent est aussi de faire des choix pour lui. Egalement, la notion de cadre est essentielle pour exercer une quelconque autorité : les adolescents ont besoin d’être entendus et il est important que les parents puissent se faire entendre.