Débat du 5 juin 2007 -
Beaux-parents d’adolescent : comment s’en sortir ?

La difficulté de la période adolescente, dans les familles recomposées, est la question des origines. Pendant cette période, l’adolescent ressent le besoin de savoir d’où il vient et qui sont ses parents, il cherche sa place. Cette quête identitaire peut devenir laborieuse pour l’adolescent d’une famille recomposée qui peut avoir du mal à se situer au milieu de cette nouvelle famille, où il peut y avoir des enfants de chaque côté de ses parents. Il doit trouver sa place au milieu de ses deux familles qui se créent et où lui se retrouve au milieu. Il peut alors se questionner sur l’amour que lui portent ses parents respectifs alors que ceux-ci refont leur vie, il peut ne pas se sentir réellement impliqué, intégré dans cette nouvelle famille.

La place du beau-parent peut alors devenir plus difficile, car l’adolescent peut le désigner comme le fautif de cette situation pénible pour lui. Il remet déjà en cause ses parents biologiques, le beaux-parent peut donc aussi devenir une cible encore plus aisé, il peut remettre en cause le statut du beau-parent, sa place dans la famille. Les relations peuvent devenir tendues même étant plus jeune, tout se passait bien. Le beau-parent ne doit pas chercher à répondre aux revendications de l’adolescent, qui sont dirigés le plus souvent vers son parent. L’adolescent va vers le conflit car c’est pour lui une façon de forger sa personnalité, il ne faut pas prendre le conflit pour soi. De même il est important pour le parent de l’enfant de ne pas fuir ce conflit de peur de l’accabler pensant que l’enfant est déjà fragilisé par la séparation. Le parent peut être amené à vouloir compenser la séparation en le gâtant pas seulement matériellement mais affectivement par culpabilité de lui avoir imposé cette rupture douloureuse.

Le parent ne doit pas penser que les causes des difficultés de son enfant repose uniquement sur la séparation, l’adolescence est une période de crise où l’éloignement, l’agacement envers les figures parentales est classique. La remise en question de ses propres parents est nécessaire, l’adolescent a besoin de s’opposer pour se construire : il peut remettre en question leur personne, leur style de vie où d’éducation. Le beaux-parent peut ainsi avoir la place de bouc émissaire si l’adolescent n’arrive pas à rentrer en conflit avec son parent, si ce dernier l’évite. Le beau-parent doit tacher de garder une place neutre, en retrait, mais tout en s’imposant et demandant du respect. Même s’il n’est pas le parent de l’enfant, il vit avec lui et participe à son éducation et sa vie de tous les jours. Le lien parent-enfant est inné, ce qui n’est pas le cas avec le beau-parent. Ce que l’adolescent pointe est la question de l’amour envers le beau-parent. Suis-je obligé de l’aimer ? Quelle place dois-je lui donner ? Il ne faut obliger l’adolescent en rien, plus il sentira une injonction à respecter, plus il ira dans le sens inverse. L’adolescent est dans la contradiction, la révolte est quasi obligatoire, il est donc préférable de hiérarchiser ce que l’on attend de lui. Il est enrichissant pour l’adolescent de faire ses propres expériences, le forcer ou trop le soutenir n’est pas constructif et structurant pour lui.

La famille est un système où l’adolescent apprend a avoir ses repères, la place de beau-parent est complexe, l’adolescence est un temps nécessaire pour qu’il puisse bâtir sa personnalité. La place du beau-parent à cette période va être de soutenir le parent et l’enfant sans trop s’immiscer, laisser passer cette période charnière.