
Certains parents présents au débat ont mis en avant leur désarroi face à leur propre violence qui rejaillit face aux comportements agressifs de leurs adolescents. Une des femmes présentes fait part d’une appréhension de tomber facilement dans une violence physique ; face à cette violence naissante, elle se plaint de ne pouvoir réagir autrement que par l’évitement ou par la punition de l’adolescent. La psychologue souligne que la colère, l’agressivité, la violence sont des sentiments présents en chacun de nous. Cependant, le parent doit essayer de se contenir en apaisant la situation afin d’éviter les moments trop conflictuels. Tenter de comprendre un comportement violent ou agressif d’un adolescent permet de mieux appréhender la situation. En effet, un parent explique que son mari est décédé il y a 5 ans et a rencontré un homme avec lequel elle a connu quelques anicroches. Lors de ces conflits, la fille de cette femme a d’elle-même contacté l’homme en question afin de remettre ce dernier et sa mère en contact. Cependant, raconte-t-elle, lorsque celui-ci est venu passer dix jours au sein du domicile familial, l’adolescente s’est montrée très violente, agressive envers lui. Du point de vue de la psychologue, cette jeune fille pourrait faire preuve d’ambivalence : cela peut être trop violent pour elle d’aimer cet homme en tant que père. En effet, pour cette adolescente, la violence de son comportement pourrait s’expliquer par la peur d’annuler, d’oublier son père en aimant cet homme. On a le droit d’être en colère et ce qui serait idéal est le temps de l’après-coup : se demander pour quelles raisons il y a eu ces réactions : ce serait le temps des explications. Souvent, les adolescents ont un comportement qu’il ne faut pas prendre au premier degré : « les adolescents sont de grands handicapés du verbe », c’est-à-dire qu’ils peuvent avoir une manière de communiquer qui n’est pas toujours verbale.
Une autre mère se plaint du comportement de son fils : « il revendique tout et il faut tout négocier ».Elle nous raconte qu’un jour, face à un conflit, son fils a préféré sortir de la maison, ce qu’elle-même a vécu comme un acte violent. La psychologue souligne que sa réaction était préférable à un comportement agressif ( cris, insultes et coups). De plus, la violence de son acte était à la hauteur de son ressenti d’où la nécessité pour lui de mettre de la distance. Eduquer un enfant c’est répondre à ses besoins et l’adolescent a besoin de distance pour se construire comme sujet. En effet, il est important pour l’adolescent d’assumer ses choix quitte à ce qu’il se trompe. Les adolescents réussissent mieux quand ils sont à l’origine de leurs projets. La nécessité de mettre de la distance permet que la relation parent/adolescent soit suffisamment cadrée. A cette fin, cela peut éviter que la violence physique prenne place et devienne un mode de communication.
La psychologue revient sur la différence de génération qui existe entre le parent et son adolescent, suite au discours de certains parents présents au débat. Il faut faire attention au fait que de temps en temps, l’adolescent devienne le confident de son parent ; ceci n’est pas le rôle de l’adolescent. Bien que les adolescents ne soient pas machiavéliques, ils testent le cadre, les limites et cela suppose de la part du parent d’être disposé à leur répondre.
Le débat se finit sur le fait d’avoir un adolescent de 18 ans. La difficulté réside dans le fait qu’il ne faudrait pas l’appréhender comme un enfant et qu’il ne faudrait pas accepter tout de lui non plus. Grandir c’est accepter l’autre tel qu’il est. L’adolescent, lui, a besoin de se construire et pour cela, il se confronte à ses parents. La confrontation est nécessaire à l’adolescent car elle lui permet de s’autonomiser par rapport aux parents. Par exemple, la confrontation peut porter sur le choix vestimentaire, de fréquentations, idéologiques, etc...