
Le premier thème abordé lors du débat est la question de la proximité parent-enfant. Doit-on être ami avec son enfant ? Il est important d’éviter cette confusion, on n’est pas le copain de son enfant mais son parent, les rôles doivent être bien déterminés. Pour le bien être de l’enfant et sa construction il est nécessaire que cette séparation existe, que la différence de génération soit marquée. Un enfant a besoin de repère et pour cela le parent doit tenir sa place. Cependant ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger les moments de détente, en tant que parent on peut très bien partager un moment de loisir comme aller boire un verre avec son enfant. Cela permet de sortir de son attitude parental et d’avoir un moment que l’on consacre juste à son enfant. Ainsi il sait peut se confier s’il a un problème, que son parent n’est pas uniquement là pour lui imposer des règles.
L’autre thème qui semble préoccuper les parents est la question de la confiance. Confiance qu’il faut s’en cesse renouveler sans être sûre de ne pas être à nouveau déçu. Ce qu’il est important de savoir, c’est qu’à l’adolescence, l’enfant sort de l’œil parental pour construire son monde à lui. C’est pour lui une façon de prendre de la distance, il tente de devenir adulte et autonome, même si il ne peut parvenir à cet objectif ne pouvant subvenir à ses besoins. Les mauvaises fréquentations, les mensonges ne sont que les expressions de ce désir de sortir de l’environnement parental. Ce passage est essentiel pour le développement de l’enfant, il a besoin de se confronter aux limites, c’est dans le conflit qu’il va arriver à se construire. Il a besoin de s’opposer aux valeurs, aux règles qui lui ont toujours été transmises. C’est un moyen de voir ce qui se passe ailleurs, en dehors du cercle familial. Pourtant paradoxalement l’adolescent a besoin que la confiance de ses parents soit inébranlable, qu’elle se réitère indéfiniment. Il veut son indépendance mais aussi savoir qu’il peut toujours compter sur ses parent. Même si lui change, il aime savoir que eux ne change pas, que leur valeurs, leur règles sont les mêmes. Cette stabilité lui servira de cadre sur lequel il pourra s’appuyer et s’opposer. Le parent doit être dans une attitude juste, c’est à dire qu’il doit aiguiller, aider son enfant mais s’en empiéter sur son intimité.
Les parents du groupe reviennent, par exemple beaucoup, sur la scolarité et l’avenir de leur enfant. En tant que parent il est rassurant d’avoir la maîtrise du parcours scolaire de son enfant, savoir qu’il suit une voie scolaire stable. Beaucoup de parents peuvent s’inquiéter lorsque leur enfant ne trouve pas d’orientation, ou a des mauvaises notes qui peuvent influencer l’avenir de la scolarité. L’adolescent, lui, ne voit pas les choses de la même façon. Pour lui chaque année est nouvelle, il peut changer de choix comme il veut car pour lui il n’a pas la même notion d’avenir que ses parents. De plus les mauvaises notes, les difficultés scolaires représentent souvent une façon d’entrer en conflit avec les parents. L’adolescent sait que c’est un domaine sensible qui tient beaucoup à cœur aux parents, il sait que les parents ont beaucoup d’inquiétude au sujet de leur avenir. Ce conflit lui permet d’avoir l’intérêt des parents même si paradoxalement encore il rejète leur aide à ce sujet. L’aider et le soutenir dans son parcours est important mais l’adolescent dont les parents s’impliqueront trop dans sa scolarité peut au contraire se rebeller. Si un adolescent sent que l’on choisit pour lui, que l’on ne prend pas en compte ses envies, il peut alors ne pas se sentir concerné et ne pas faire d’effort. Il est important que l’adolescent puisse faire ses propres choix, ses propres expériences. Le rôle du parent est d’aider l’enfant, de lui servir de béquille sans tenter de le diriger. Quand l’enfant a un parcours chaotique ou ne suit pas une filière générale, il n’est pas nécessaire de s’inquiéter outre mesure. La scolarité d’un enfant n’est pas figée, si un style de scolarité ne lui convient pas, il y a plusieurs types d’apprentissages possibles. Il ne faut pas voir son enfant uniquement comme un élève. C’est aussi pour cela que les moments de complicité sont important, ils valoriseront l’enfant, aideront à resserrer les liens.
L’adolescence est un moment fait de paradoxes, où l’enfant va souhaiter qu’on lui laisse plus de liberté, tout en lui rappelant les limites. Il désire être adulte, plus autonomes mais que l’on continue à l’aider dans ses démarches. Ce qui compte est de le laisser vivre ses propres expériences, le laisser se tromper, échouer il en tirera des leçons qui lui serviront toute sa vie. Faire pour lui n’est pas une solution, cela peut mener l’adolescent à se rebeller ou pire il peut se laisser s’enfoncer sans aucune réaction. La parent doit être vigilent et tenter de ne pas trop changer les repères de l’enfant, c’est en ayant un cadre qui tient que l’enfant pourra s’en servir au mieux et s’étayer dessus.