
Le débat a commencé par un tour de table sur la question : qu’est qu’un père ?
Il pose le cadre
Il protège
Il aime
Il apporte à certains moments un débordement de tendresse
Le rôle du père est aussi un rôle de tiers dans la relation mère/enfant, il s’agit donc d‘un rôle nécessaire que l’on ne devrait pas juger comme partiel, mais réellement nécessaire.
A l’adolescence, s’adresser directement aux enfants peut paraître pour eux intrusif et infantilisant, or ils ont besoin de repères. Ils se mettent donc parfois à écouter à distance, à écouter les autres adultes plutôt que leurs parents. Face à son adolescent il paraît difficile de se mettre à la bonne place, à la bonne distance. C’est pourquoi une personne "tiers" permet une ouverture. Face à une relation duelle qui prend parfois le mode de conflit et où se joue un véritable jeu de ping-pong agressif, la personne "tiers" peut venir apaiser, voire résoudre les conflits.
En effet, que l’on soit parent ou enfant, certaines attitudes habituelles sont abandonnées lorsqu’une personne extérieure à la famille est présente, voire même, il arrive que le comportement de l’adolescent s’inverse.
De même, les parents, face à la difficulté d’aborder leur enfant, en viennent à déployer des stratégies complexes pour amener l’enfant à faire une activité avec lui, ou bien pour qu’il soit à l’écoute du parent. Il s’agit souvent pour le parent de faire croire à l’enfant à une certaine spontanéité de la part du parent ou à utiliser une personne tiers pour donner un conseil.
Par la suite le débat s’est orienté sur les images que la société actuelle donne à voir. Ceux sont souvent des images très crues, comme des images de guerre, de mort ou des images à connotation sexuelles. Il est tentant de vouloir les cacher à ses enfants. Cependant cela ne les préparera pas forcément à affronter la réalité, puisqu’ils peuvent dès le jeune âge regarder ces images à l’extérieur du milieu familial.
Chaque enfant va réagir différemment face à ces images en fonction des représentations qu’il s’est construit. L’adolescent qui n’a pas trouvé de moyens pour parler de ce qui le choque, va les intérioriser. Ainsi, les parents peuvent aider leur enfant en mettant des mots sur ces images ou en discutant avec lui.
Un dernier point a été soulevé lors du débat : à l’adolescence, certains enfants entrent dans la passivité. Cette passivité signifierait surtout une rupture avec l’enfance. Comme il n’a pas encore trouvé son mode d’action et ses propres intérêts, c’est une façon de montrer que l’adolescent se veut être différent par rapport à avant. C’est également une façon de trouver une certaine intimité par rapport au foyer familial, trouver un certain espace « intrapsychique », inaccessible à l’entourage.