Débat du 30 janvier 2007 -
Je ne veux pas ressembler à mon père/ma mère : le lien transgénérationnel dans la parentalité

La psychologue commence le débat en disant effectivement que nous sommes tous « fils et filles de ».Il y a une double identification : à ses parents et à son/ses enfants(s). Les personnes présentes au débat soulèvent que le fait d’être mère ne rapproche pas forcément de sa propre mère : parfois, l’écart peut se faire de plus en plus grand.

Nos parents aussi sont « fils et fille de ». On se demande toujours si on reproduit le schéma parental/familial. Cette question émerge déjà à la période adolescente. Il est vrai qu’il est difficile de prendre du recul sur sa vie car il faudrait que le parent ait un minimum de projet pour son enfant et que l’enfant sache se trouver lui-même : s’il vient trop coller au désir du parent, l’enfant peut se sentir mal. Le parent peut être pris dans des mouvements de culpabilité avec son enfant car parfois, ses propres souvenirs d’enfance peuvent être à tout moment réactivés et cela peut l’amener à se confronter à sa propre histoire infantile.

Plusieurs réactions des personnes présentes au débat se rapportaient aux différends qui peuvent exister avec leurs propres parents. Quand un enfant arrive, le futur parent peut craindre de ne pas trouver sa place. Le fait d’être « fille de » et « mère de » en même temps ; de même pour un père d’ailleurs, n’est pas une position facile mais les parents y sont tous confrontés. De plus, on n’attend pas la même chose de la part de notre mère et de notre père ce qui peut créer une certaine rivalité plus ou moins grande avec l’un ou l’autre. Dans ce cas, les grands-parents peuvent faire office de tiers en diluant les relations par exemple.

Une des femmes présente au débat évoque l’impression qu’elle a de voir certains comportements de sa mère qui l’insupportent. Enfant, dit-elle, elle s était retournée vers sa grand-mère . Adolescente, elle s’est retournée envers sa mère qu’elle voyait comme un « dieu », qu’elle adorait, vénérait. En tant qu’adulte et parent, cette femme voit sa mère comme une étrangère. La psychologue répond que ce sentiment peut être le versant de l’idéalisation : les défauts sont mis sous la loupe.

Le lien transgénérationnel pose la question de la transmission. En effet, le parent transmet à son/ses enfant(s) une éducation, des repères familiaux qui lui ont été transmis par ses parents. A ce titre, la psychologue souligne le fait qu’il est important d’avoir des points d’appui autres que sa famille car il y a moins d’enjeux. En même temps, ce n’est pas évident de vouloir rejeter tout de la part de ses parents. On transmet, et souvent à notre insu d’ailleurs, ce que nos parents nous ont transmis, et cela peut nous poser problème mais on ne choisit pas ses parents !

Une remarque a été faite par un parent. Quand une mère se rend compte que son enfant a des côtés qui appartiennent au père ou au grand-père ou bien à la mère ou à la grand-mère, elle se rend compte que c’est ce qui lui a été transmis et il y a des moments où on ne supporte pas que l’on compare notre enfant à des membres de sa famille : la bonne distance est à trouver. C’est-à-dire que chacun doit trouver sa place et y rester.

L’environnement tient une place importante dans l’entourage de l’enfant. Plus on grandit, plus l’environnement avec nous. L’école est le lieu de vie par excellence, elle joue un rôle important dans le développement de l’enfant et heureusement, car si l’enfant ne s’accroche qu’à son parent, c’est-à-dire à une seule et unique personne, que fera-t-il si cette unique personne n’est plus mobilisable à un moment ou un autre ? La psychologue tient à préciser que l’on peut prendre soin de ses parents si les rôles sont bien établis, quand il n’y a pas d’annulation de la place de l’enfant.

En guise de conclusion, nous pouvons dire qu’il est important d’ouvrir son champ relationnel. C’est lorsqu’on n’a pas d’échappatoire vers l’extérieur que la situation peut dégénérer. De même il est important d’avoir des repères car c’est important d’avoir des modèles, qu’ils nous plaisent ou non.