
Pour commencer le débat, la psychologue demande à chacun des participants de définir ce que pour eux signifie de ne pas avoir d’estime de soi. Les participants parlent du doute, du fait de ne pas avoir de certitudes. L’estime de soi sous-entend la question de qui nous sommes, de notre moi profond, être soi-même.
Mais ce qui ressort le plus est le sentiment d’être évaluer, ce que pense la famille, l’entourage. Dès l’enfance, les parents sont les premiers à participer à notre estime. Par exemple, une des participante nous parle de sa mère qui était très dure avec elle, elle avait le sentiment d’être la fille imparfaite, insatisfaisante. Sa mère n’était pas présente pour elle, la participante nous parle d’un sentiment d’indifférence de sa part. Elle nous raconte que l’attitude de sa mère la beaucoup marqué et qu’elle a eu beaucoup de mal à s’éloigner de l’image de cette fille imparfaite. Ce que les parents ont pu nous transmettre de ce qu’ils pensent de nous, ou du moins ce que l’on a pu interpréter de leurs sentiments, reste comme une trace encré dans notre être dont on arrive pas à se séparer. Prendre de la distance par rapport à ce que nos parents, notre entourage peut nous renvoyer comme image peut s’avérer difficile.
C’est justement ce point qui pose le plus de problème, qui nous touche le plus : c’est le regard de l’autre. C’est une sensation que tout le monde éprouve. Ce qu’il peut penser, ce qu’il peut dire de nous. Son opinion, le poids de son regard, nous le prenons trop en considération. On se centre beaucoup trop sur ce que les autres ont comme estime de nous. Ce que l’autre pense peut avoir un effet nocif sur notre estime, il est important de ne pas se laisser enfermer dans une étiquette que l’autre nous impose.
Ce qui interpellent également les intervenants est le regard de leur enfant. Une des participante a peur de ce que son fils peut penser d’elle. Elle a peur qu’il la voit comme une femme fragile qui manque de confiance en elle. Ainsi elle craint de transmettre à son enfant cette fragilité et qu’à son tour il doute de lui-même. La psychologue répond que bien-sur les enfants ressentent ce qu’éprouvent leur parent. C’est pour cela qu’il est important de ne pas submerger nos enfants avec nos sentiments. Mais l’univers de l’enfant ne tourne pas qu’autour du parent, le parent n’est pas tout pour lui. Il s’inspirent et utilisent l’extérieur et le monde qui l’entoure. Il est fondamental de laisser son enfant se tourner vers l’extérieur, et important de l’aider à s’autonomiser pour qu’il puissent être ouvert aux autres. Etre parent c’est aussi le laisser faire ses propres expériences pour qu’à son tour il puisse construire une bonne estime.
L’ouverture au monde, se tourner vers les autres et l’extérieur même si l’on appréhende ce que l’autre peut penser de nous est aussi nécessaire. Pour la psychologue l’important est de se fier non pas à ce que pensent les autres mais à ce que nous avons déjà accomplie, de ne pas regarder que le négatif mais de voir ce que les autres pensent de nous en positif.
L’essentiel est d’arriver à prendre du recul par rapport aux autres et ce qu’il peuvent penser, arriver à se détacher d’eux pour avoir une bonne estime de soi. Notre estime n’est pas linéaire dans le temps. Notre personnalité est toujours en mouvement. Il faut apprendre à se nourrir de l’autre, de nos expérience et non se laisser envahir par l’aspect négatif des rencontres. Nous avons toujours des doutes sur nos capacités, c’est le doute dont il faut arriver à se débarrasser, c’est à dire avoir confiance en ce que l’on est.