Débat - vidéo du 20 février 2007 -
La monoparentalité

La vidéo présentée est un échange entre une psychologue et une juriste sur le thème de la monoparentalité et si elle représente un danger pour le devenir de l’enfant ? Ce qui ressort de cette vidéo est l’impact de la monoparentalité sur le devenir de l’enfant. La monoparentalité se rencontre dans plusieurs situations. Quand un enfant est seul avec son père ou sa mère, dans le cas d’une famille recomposée ou du décès d’un parent... Cette situation peut-elle engendrer plus de difficultés que les autres ? Les prises en charges actuelles sont-elle adaptées à ce nouveau type de famille ?

Le débat commence par une question sur la difficulté de retrouver une vie de couple pour un parent seul, et surtout pour une femme. En général, un homme retrouve une vie commune plus facilement après une séparation, comment peut-on l’expliquer ? La psychologue répond que peut-être les hommes s’autorisent plus à faire de nouvelles rencontres alors que les femmes sont souvent plus tournées vers leur enfant. Lorsque qu’une femme se retrouve seule avec son enfant, son rôle de mère à tendance à prendre le pas sur sa vie de femme. Elle va sûrement moins ressentir le manque d’une présence masculine puisque qu’elle a son enfant. On constate souvent que la mère et son enfant, surtout lorsque c’est un garçon, vont faire couple. La relation mère-enfant et particulièrement la relation mère-fils est très forte dès la grossesse. Il existe d’emblée une relation de promiscuité entre la mère et son enfant. La séparation d’avec le père, le manque d’un tiers ne fait que renforcer cette relation.

Une des participante nous explique que sortir et laisser sa fille était pour elle source de culpabilité. La sortie devait être « rentable » pour avoir un intérêt, comme par exemple trouver un homme. Mais prendre du temps juste pour elle seule, son plaisir, lui faisait ressentir un sentiment d’abandon envers sa fille. La mère nous explique qu’il lui est difficile de penser à elle. Alors qu’elle le dit elle-même sa fille était heureuse de dormir chez des copains. La psychologue lui dit que ce sont souvent les parents qui s’inquiètent le plus de la séparation et qu’au contraire les enfants apprécient ses moments de séparation, ils ont besoin que les parents soit occupés ailleurs. Le parent a souvent plus besoin de son enfant que l’enfant a besoin du parent. C’est pour cela que la monopararentalité peut mettre en difficulté l’enfant, dans la mesure où la relation parent-enfant peut devenir trop lourde. De même que cette relation peut-être culpabilisante pour la mère. Le rôle du tiers permet justement de diluer cette relation, de faire séparation entre le parent et l’enfant pour éviter une sensation d’étouffement des deux côtés.

C’est là que l’un des participants remet en question ce terme de monoparentalité. Est-il approprié ? La monoparentalité peut englobée tellement de situations familiales, et pas seulement un parent seul face à son enfant. A une certaine époque il existait deux fantasmes. Le premier celui de la mère sacrificielle qui fait tout pour son enfant et reste à la maison. Le deuxième celui d’un père volage moins impliqué. Aujourd’hui les choses changent les pères veulent une place plus importante dans l’éducation de leurs enfants. Et on s’est rendu-compte qu’une mère sacrificielle n’est pas une bonne chose pour le développement de l’enfant. Un enfant a besoin de distance pour grandir et apprendre à être autonome. Lorsque qu’un parent laisse s’installer cette situation de promiscuité et que l’enfant vit en duo avec son parent cela peut poser problème. Comme il est exposé plus haut, un enfant a besoin d’un tiers pour mettre une distance dans une situation de monoparentalité. L’autre parent, souvent le père, joue se rôle de tiers. Cependant ce rôle de tiers peut être tenu par d’autres personnes qui font parti de l’environnement de l’enfant.

Par exemple on peut prendre la situation d’un garçon vivant seul avec sa mère. Il sera nécessaire de faire intervenir un tiers non seulement pour le bon développent de l’enfant et son autonomie mais aussi pour la construction de son identité. Un enfant va prendre exemple sur ses parents et les personnes qui l’entourent pour se forger un modèle identitaire. Dans le cas qui nous intéresse le garçon va avoir besoin d’une image masculine pour l’aider dans la construction de son identité, sans ce modèle il peut éprouver des difficultés à investir une image sexuelle bien définie. C’est là qu’intervient le tiers qui permettra à l’enfant d’avoir une représentation masculine.

Un autre participant pose une question en rapport avec les identités sexuelles. Ce qu’il trouve frappant c’est qu’un père qui reste avec ses enfants, qui montre un grand intérêt dans leur éducation va être qualifié de « maternant ». La psychologue répond que la société est à l’image de nos représentations. On revient à la question des deux fantasmes sur le père et la mère. Les rôles ont changé aujourd’hui le père n’est plus le seul garant de l’autorité comme la mère n’est plus la seul à pouvoir s’occuper des enfants à la maison. Cependant une chose reste stable se sont nos identités sexuelles et quelque soit la situation familiale il est important qu’un enfant puisse avoir les deux références dans son environnement pour son bien-être.