Débat - vidéo du 18 janvier 2007 -
Les secrets de famille

Le visionnage de la vidéo, « Les secrets de famille, applications pratiques, avec Anne Ancelin Schützenberger », a suscité chez les participants de l’émotion et de nombreuses réactions de leur part. De ce fait, plusieurs questions ont émergé.

En effet, une des femmes s’interrogeait sur le fait que la notion de répétition familiale est presque obligatoire. Dès lors, comment arrêter le phénomène ? D’autant que ce n’est pas facile quand on n’a pas toutes les données. A cette question, la psychologue répond que l’on connaît une certaine impuissance car ce qu’on sait intellectuellement n’est pas lié affectivement : alors rien ne se passe. C’est quand les choses sont ressenties qu’elles peuvent être vécues, c’est la notion d’insight. Ce qui peut être frustrant, en effet, c’est d’être un simple observateur, passif. Une autre femme, quant à elle, se questionnait sur les moyens pour avoir accès aux informations, surtout lorsque les protagonistes de la cellule familiale sont décédés. Et même, que faire lorsque l’on a des faits précis ? A cela, la psychologue rassure en disant que « le paquet » ne nous appartient pas. En effet, on aurait alors plus de mal à l’appréhender car il est présent de façon latente. Quelques fois, le fait de ne pas savoir fait que l’on peut se sentir mieux car les secrets de famille restent latents. C’est lorsque nous devenons le principal protagoniste de notre histoire qu’il est difficile de devenir témoin de notre histoire au sens où notre implication, qui souligne une certaine subjectivité, pourrait poser problème quant à l’articulation de notre histoire. Quand les personnes concernées par un secret de famille sont décédées, cela peut être très violent pour nous. Néanmoins, si elles sont encore en vie, ça peut s’avérer être très violent pour elles aussi.

Il est important de souligner que l’on peut se parler sans rien se dire : ce n’est pas parce que l’on sait pleins de choses qu’il n’y a pas de secrets de famille ! Lorsque l’on est détenteur d’un secret de famille, on devient porteur d’une culpabilité. En effet, le « non-dit » est destructeur parce qu’on ne sait pas mais la culpabilité est moins coûteuse que le « non-dit ». C’est important de remettre les valises à chacun. Françoise Dolto, psychiatre et psychanalyste, disait aux enfants qu’elles recevaient en consultation : « Toi tu portes les valises de tes parents et les tiennes. Tu dois rendre à tes parents leurs valises ».

En conclusion, on peut dire que tous les secrets n’ont pas la même valeur. Les secrets de famille ce n’est pas ce que l’on dit mais souvent ce que l’on croit. Quand il en existe un dans une famille, l’enfant le pressent toujours. S’il existe une maltraitance du secret, il en existe une autre du « tout dire ». Entre les deux, la solution est de privilégier le lien et la communication sur la vérité. Et il faut savoir quoi faire de ce savoir lorsqu’on le sait enfin. Evoquer avec nos enfants les drames que nous avons vécus leur évite de se sentir responsables de nos souffrances intimes et cela les rend disponibles à leur propre vie psychique.