
Premier tour de table et en quelques mots à peine, nous voilà déjà au cœur du problème : « Comment trouver le juste milieu ? » En tant que parent, il semble en effet de l’avis de toutes (puisqu’en ce mercredi après-midi seules les mamans nous ont rejoint) que l’on soit en permanence partagé entre l’envie d’intervenir dans la scolarité de ses enfants, au risque de prendre la « casquette de gendarme » (position à laquelle on répugne) et celle de « laisser-faire, laisser se débrouiller tout seul ». Ainsi, une mère de quatre enfants dit être régulièrement confrontée au dilemme suivant : « Je ne veux pas trop m’immiscer, lui donner le sentiment de le surveiller, de « jouer au prof » car je souhaite l’encourager dans son désir d’autonomie et ne pas tout faire à sa place. Et d’un autre côté, lorsque je constate ses difficultés, je ne peux m’empêcher de vouloir l’aider, de lui donner des conseils. Mais alors, il me rejette et ne veut rien entendre de ce que je lui dis. »
Concerné par l’avenir de leurs enfants (le débat se focalisera sur les adolescents), les parents souhaitent leur donner toutes les chances de réussir. C’est pourquoi dès qu’ils sont en difficulté, l’on s’inquiète et tente de les soutenir, en même temps que de les faire réagir par tous les moyens. Il arrive néanmoins que cette aide soit perçue comme une « attitude inquisitrice » (« Arrête d’être toujours sur mon dos ! Tu m’embêtes avec tes conseils ! ») et que la scolarité devienne objet de conflits. La situation s’envenime, les mots dépassent la pensée. « De toute façon, tant que les conseils viennent des parents, c’est irrecevable ! » Comment alors sortir de l’impasse, parvenir à transmettre un message tout en sortant du cercle infernal « difficultés scolaires/inquiétudes/réprimandes-conseils/tensions familiales » ?
Une maman rapporte avoir remarqué qu’en évoquant le contenu d’une émission de radio ou de télévision, ou encore celui d’une conversation, son fils était davantage à l’écoute, plus ouvert à la discussion ; les idées suggérées n’étant pas directement celles des parents, elles seraient mieux acceptées. En ce qui concerne le soutien scolaire, il peut être intéressant de faire appel à un tiers. Ami, membre de la famille, mais aussi professeur (à domicile par exemple).
Plusieurs avantages à cette personne tierce sont ainsi évoqués :
- Neutre, ses conseils pourraient mieux être entendus,
- Recourir à un(e) étudiant(e) pourrait permettre une certaine identification (« il/elle montre l’exemple »), du fait de sa relative proximité d’âge,
- Les parents ont la possibilité de lui poser les questions qu’ils hésitent à poser à l’adolescent à propos de son évolution, de son niveau, de ses difficultés et d’avoir de fait un regard extérieur, qui plus est objectif.
A cette question de l’objectivité est liée celle de la « juste exigence ». Certaines mères reconnaissent attendre toujours mieux et ne finissent par voir que les points négatifs. Se reporter à la moyenne de la classe permettrait de relativiser et de mieux apprécier le réel niveau de son enfant. De plus, valoriser l’adolescent, mettre l’accent sur ce qui dans son travail est positif a toute son importance dans le soutien qui peut lui être apporté. Conforté dans ses aptitudes, il peut prendre conscience de ses ressources (à une période souvent marquée par le doute, les incertitudes, à propos de soi, de sa propre valeur) et faire face aux difficultés. Enfin, aider son enfant, l’accompagner, c’est également faire confiance en sa capacité à se prendre en charge, le responsabiliser, le laisser faire à sa façon et à son rythme aussi...